Composée de 10 quartiers et de 3 districts, la commune urbaine de Pita a changé de visage cers dernières années. Voiries bitumées, bâtiments publics reconstruits, des ouvrages de franchissements réalisés, etc. Cependant, les 34 900 habitants de cette localité sont encore confrontés à des difficultés nombreuses. La lutte contre l’insécurité, le désenclavement des zones de production, la protection de l’environnement.
Pour en savoir d’avantage, le président de la délégation spéciale a reçu notre reporter dans son bureau. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder à votre quotidien, Docteur Youssouf Bah revient sur les actions prioritaires de son équipe mais aussi les défis et les perspectives.
Horoya : Monsieur le président de la délégation spéciale, après votre installation, quelles ont été vos priorités ?
Youssouf Bah : Je vous remercie. Je rappelle que nous sommes installés le 24 Avril 2024. Et nous avons trouvé que la commune avait déjà un plan annuel d’investissement (PAI) à cela s’ajoute des activités que nous avons planifiées. Notamment en ce qui concerne l’environnement. Pour la mise en œuvre des activités nous avons mobilisé les bonnes volontés, les personnes ressources et d’autres acteurs.
Justement, pouvez-vous citer quelques-unes de ces activités planifiées en faveur des populations ?
D’abord le PAI contient deux volets. Le premier doit être financé par l’agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC) et le deuxième sur fonds propre de la commune.
Dans ce cadre, l’ANAFIC doit financer quatre grandes activités : le curage des marigots et des caniveaux ; la reconstruction du logement du secrétaire général de la commune à la cité ; le reprofilage de certaines pistes et la réhabilitation du lac Oustoyah à travers les sources d’approvisionnement en eau.
En plus de l’achat d’une imprimante multifonctionnelles puisque la commune n’en a pas encore.
Nous avons aussi participé à la journée mondiale de l’environnement le 5 juin et le programme des Nations unies pour l’environnement nous a adressé un certificat
d’appréciation ……
Toujours dans le cadre de la protection de l’environnement, nous sommes en train de clôturer un domaine dans le quartier Guémé 2 où est prévu de reboiser à chaque évènement notamment des mariages, des baptêmes etc. Nous sommes en train de travailler sur un projet de décision instituant le premier vendredi de chaque mois de Juillet « journée communale de l’arbre ». Cela permettra à chacun et à tous de planter des arbres et très bientôt cette décision sera prise par la délégation spéciale.
Dans le domaine éducatif, on a trouvé que la commune urbaine n’a pas encore de collège Franco-arabe malgré l’existence de 3 écoles primaires Franco-Arabe. C’est ce qui nous amené à trouver un domaine dans le quartier Salloubhè et nous allons y construire un collège Franco-arabe de 4 salles de classes, deux blocs latrines et deux bureaux avec l’appui technique et financier des uns et des autres.
Le plus grand problème que nous avons, c’est l’assainissement. Après demain, nous allons faire la pose de la première pierre de la construction du dépotoir moderne derrière le marché central.
Etes-vous confrontés à des difficultés dans l’exercice de vos fonctions ?
Nous avons beaucoup de difficultés notamment liées l’insuffisance des moyens financiers et la forte demande dans presque tous les secteurs. L’autre difficulté c’est l’insuffisance du personnel communal.
Concernant l’assainissement, nous avons un seul camion vétuste dont l’entretien coûte extrêmement cher à la commune sans oublier que nous avons besoin de beaucoup de poubelles et des motos tricycles. Nous avons aussi un problème de fluidité de la circulation surtout les jeudis, jour de marché hebdomadaire. Nous avons trouvé la solution pour libérer complètement les emprises de la route et nous avons mis en place un dispositif pour le suivi.
A cela s’ajoute la nécessité de réaliser 8 ouvrages de franchissement pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens.
Dans le domaine de la sécurité, l’effectif des agents des forces de défense et de sécurité n’est pas suffisant, la vente et la consommation de drogue est constatée dans certains endroits et il ne faut pas se leurrer. Il faut trouver les moyens d’associer les chefs de quartiers et autres leaders communautaire pour appuyer les forces de défense et de sécurité.
Bref, la protection de l’environnement et la lutte contre l’insécurité sont des préoccupations dans notre commune.
Sans oublier que Pita fait partie des 20 communes les plus conflictuelles. Je me réjouit de l’implication des ressortissants dans la sensibilisation à l’occasion de la fête de Tabaski 2024.
Votre message ?
Je lance un appel à la population de ma commune urbaine de cultiver l’amour et le vivre ensemble dans la paix et dans la quiétude. Mais aussi à chacun et à tous de s’impliquer activement pour le développement la localité. Je sollicite auprès du gouvernement la mise à disposition du personnel pour meubler les postes vacants puisque dans la commune il n’y a que 2 fonctionnaires titulaires, c’est le receveur et le secrétaire général et le reste ce sont des contractuels à la charge de la commune. Je sollicite aussi la mise à disposition des subventions accordées aux communes.
Aux partenaires techniques et financiers de continuer et de renforcer l’aide accordé aux communes dans la mise en œuvre de leurs PDL (plan de développement local) de leur PAI.
Je demande à la diaspora de s’investir davantage pour le développement local. L’équipe de la délégation spéciale regorge du talent et des gens qui ont l’expérience et très volontaires. Je garanti la transparence totale dans toutes les actions que nous allons entreprendre.
Interview réalisée par Alhassane Barry

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