Plus que deux jours avant la fin de l’opération de transport aérien des 10 000 pélérins guinéens au royaume d’Arabie Saoudite. Le 33 ème et dernier convoi devra quitter Conakry dans la nuit de ce 7 juin 2024.

A Médine et à la Mecque déjà, les 29 premiers convois de pélérins venus de Conakry ont entamé dans la serénité les visites de sites historiques et les rites. Jusqu’ici, les conditions de voyage et d’accueil sont appréciées de tous. Les hotels réservés par le Secrétariat général aux affaires religieuses sont à proximité des lieux de cultes. Un grand changemennt par rapport aux années precédentes témoignent les guides et certains pélérins bien informés.

Medine pour visualiser l’histoire
Médine est la deuxième ville sainte de l’islam. Elle ne fait pas pour autant partie des rites codifiés du pélérinage. La ville reçoit cependant presque tous les pélerins. Ceux-ci préfèrent commencer leur périple par la visite de l’impressionnante mosquée du Prophète Mohamed (Paix et salut sur lui) et se receuillir sur sa tombe en guise de “salut”.

Symbole d’hospitalité et havre de paix, Medine abrite les deux premières mosquées construites par le Prophete. Les deux sont édifiées dès la première année après l’Hégire en 622. La première est à Quba à environ 3 km au sud du centre-ville de Médine. D’après la tradition islamique, faire deux rakaʿāt surérogatoires dans la mosquée de Quba équivaut à une Oumra. Aucun pélérin ne se prive de la découverte de cette merveille d’infrastructure et du crédit attaché à sa visite.

La deuxième et de loin la plus grande et prestigieuse mosquée est celle à proximité de laquelle, le prophète avait construit sa propre maison. D’ailleurs, il repose là pour toujours. Après de multiples travaux d’extension, la mosquée couvre le tombeau du Prophète ainsi que les tombeaux des deux premiers califes, Abou Bakr et Omar.

A 4km de la mosquée prophetique Masjid Nabawi, un autre site historique: le mont Uhud. Il fascine autant qu’il intrigue les pélérins. C’est le théâtre de la deuxième grande bataille de l’islam contre les mécquois revanchards menés par Abû Sufyân. Au pied de ce mont entouré de vallées et de récifs rocheux, se trouve des tombes de 70 illustres martyrs dont Hamza, un oncle du Prophète de l’islam. Selon les exégetes du Coran 60 versets ont été révélés à la suite de la bataille d’Uhud.

Les visites et la vue des réliques religieux sur d’autres sites à Medine confortent la conviction des pélérins avant qu’ils ne se rendent à la Mecque. Elles leur enseignent la fragilité humaine et la fugacité du temps. « L’eau-delà reste une destination pour laquelle il faut se préparer par les bonnes œuvres, l’humilité et la constance dans l’accomplissement des prescriptions du glorieux Maitre de l’absolu » confie un pèlerin.

La Mecque, pour les rites
La ville de la Mecque, est à 440 km de Médine. Elle abrite les sites de la Umra et du Hadjj. Le Hajj, cinquième pilier de l’islam est obligatoire pour tout croyant qui en a les moyens au cours de sa vie.

A l’instar de millions de musulmans du monde, les Guinéens convergent en nombre important sur cette première ville sacrée de l’islam. Les rituels codifiés, étalés sur plusieurs jours commencent par la grande ablution et la formulation de l’intention de pélérinage dans la mosquée de Miqat à la sortie de Medine. Avant d’entrer dans les lieux saints, les pélérins se mettent en état de sacralisation. Les hommes se couvrent de deux serviettes blanches (l’ihram) et les femmes couvrent tout le corps à l’exception des mains et du visage.

Par vague d’arrivées successives, les guides conduisent les pèlerins à effectuer les sept tours rituels autour de la Kaaba (le tawâf). La circumambulation est faite dans des invocations incantatoires à la gloire d’Allah. L’exaltation est forte. Tout pélérin est saisi par une frénésie effrénée qui transcende le corps et génère de l’energie et de la force physique. Les tours ont lieu avant la procession entre deux collines proches du sanctuaire, Safâ et Marwâ. Un trajet pour répéter 7 fois le périple de la mère d’Ismaël (Hazara), à la recherche d’eau. L’eau que Dieu a fait jaillir du puit de Zamzam est distribuée en abondance dans les fontaines placées partout pour permettre aux pèlerins de se desaltérer.

Les pèlerins guinéens ont tous passé cette étapes avec succès. Ils témoignent
de leur epanouissement spirituel après l’accomplissement de ce rite qui souvent prend fin par deux raka’at.

Arafat en ligne de mire
La Oumra est ainsi terminée pour les premiers pélérins reçus à la Mecque. Il leur reste cependant le Hadj proprement dit. Celui-ci commence sur le mont Arafat ou le mont de la miséricorde. Arafat est le lieu emblématique où le prophète a prononcé son dernier prêche, la khoutbat al-wada’, en 632. Une journée durant, les pèlerins prient, récitent le Coran, invoquent Dieu et Lui demandent son pardon. Le stationnement prend fin le soir lorsque le soleil décline.

En dépit de l’installation des tentes climatisées et des systèmes sophistiqués de brumisation, l’exposition à la haute chaleur sera un grand moment de pénitence.  » Environ 1 150 000 pèlerins sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour le Hajj », a déclaré Mohammed al-Bijawi, sous-secrétaire du ministère du Hajj et de la Oumra de l’Arabi eSaoudite, à la chaîne de télévision publique Al-Ekhbariya. « Le nombre de pèlerins continue d’augmenter », a-t-il ajouté.
Selon plusieurs sources, près de 3 millions de pélérins du monde auront à relever le défi de la haute chaleur.
Cette année, une température de 44°C est prevue durant le Hadjj à la Mecque. Pour éviter le stress thermique, il est récommandé aux pélérins de se protéger contre le soleil, de rester à l’ombre autant que possible, de porter des lunettes de soleil et de boire beaucoup d’eau.

Pour la Guinée, trois équipes médicales assistent les pélérins à la Mecque. Après l’acceuil du dernier convoi le 08 juin prochain, ces équipes seront renforcées par le contingent opérationnel installé à Medine depuis plus de deux semaines.
Avant la grande épreuve à Arafat, les équipes médicales gèrent des cas de maux de tête, de courbatures, de lésions nerveuses aux pieds (chez les diabétiques connus), et découvrent des cas de diabète et d’hypertension artérielle. Les situations un peu plus complexes sont reférées dans les grandes structures hospitalières de la Mecque. Une soixantaine de patients ont été pris en charge dans ces structures avec trois cas différents d’intervention chirurgicale (reussie).

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