Madame Diallo Rose Pola Pricemou est actuellement Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique (MPTEN) dans le gouvernement Bah Oury. Depuis la prise de responsabilité du CNRD avec à sa tête le Général Mamadi Doumbouya, Rose Pola est toujours membre du gouvernement. D’abord Ministre de l’Information et de la Communication, puis ministre du Commerce, de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, ensuite ministre du Plan et de la Coopération Internationale.

Partout, la quarantaine révolue a laissé des traces. Elle est considérée par certains observateurs comme une source d’inspiration pour les jeunes guinéennes. A l’occasion du mois de la femme, la Ministre Rose Pola a bien voulu recevoir dans son nouveau bureau sis à Koloma, notre reporter pour un entretien exclusif.

Dans une atmosphère décontractée, cette mère de famille revient sur son parcours scolaire, son expérience professionnelle aux USA, au Canada et en Guinée. Elle prodigue enfin des conseils aux guinéennes.

Bonjour Madame la Ministre et merci de nous recevoir. Vous êtes considérez par certains observateurs comme une source d’inspiration pour les filles et femmes de Guinée.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours académique et professionnel avant d’être ministre ?

Rose Pola Pricemou : Bonjour. Je remercie ceux qui pensent ainsi puisque c’est un moyen de nous galvaniser, de nous encourager. Mais il faut rester modeste et humble tout en continuant à se battre pour le bonheur de tout le pays.

Avant d’être ministre, j’ai fait d’abord des études en informatique appliquées à la gestion et j’ai terminé par une maîtrise donc Bac+4. Ce qui m’a donné un profil d’analyste programmeur qui peut développer des solutions pour des organisations en fonction des besoins. D’abord j’ai fait des études pré-universitaires en Guinée à Fria notamment, ensuite à Conakry où j’ai obtenu mon baccalauréat en sciences mathématiques avec mention avant de profiter de ma bourse de lauréate en Tunisie où j’ai obtenu ma maîtrise. Ensuite au Canada, où j’ai obtenu un master en recherche informatique à l’Université de Montréal, suivi d’une maîtrise en administration des affaires avec une spécialisation en gestion des technologies de l’information à l’Université Laval aux USA.

J’ai commencé à travailler au Canada pour le gouvernement québécois avec différents ministères sur des projets liés notamment à l’environnement, à la santé, des services sociaux, des transports, de la justice. J’ai aussi travaillé aux USA pour une solution qui devrait accompagner les cadres pour leur bien-être que ça soit sur les aspects financiers et autres. Bref, les expériences ont été très diverses à ce niveau où c’était vraiment sur des projets de grande envergure et cela nous permis de savoir comment ça fonctionne chez les autres jusqu’en 2016, date à laquelle je suis revenu en Guinée.

J’ai apporté mon expertise au Ministère des Mines et de la Géologie et j’ai été cheffe de service de la consultance fonctionnelle chez ETI.

Après quelques années dans le privé, j’ai manifesté l’intérêt de servir le pays aux instances de prise de décision qui a de l’impact sur la vie de la nation.

A travers un décret, j’ai été nommée Directrice générale du bureau de stratégie et de développement au ministère des investissements de 2019 à 2021.  

Justement, depuis 2021 vous êtes membre du gouvernement et vous avez été d’abord Ministre de l’Information et de la Communication, puis Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME ensuite Ministre du Plan et de la Coopération. A la tête de ses différents ministères, vos résultats sont élogieux.

Quel est votre secret ?

Le secret, c’est d’aimer ce que l’on fait, aimer les autres et les respecter. C’est aussi aimer bien faire et avoir de bons résultats. Moi je pense que c’est là le secret, il faut aimer servir son pays et savoir que les collègues sont des êtres humains.

De là part tout, la volonté de réussir, la volonté d’avoir des résultats, la volonté de montrer aux autres ce qu’ils doivent faire, en combien de temps et les motiver aussi sans oublier qu’il faut corriger quand ce n’est pas bien fait. Et moi je ne vais du dos de la cuillère, quand ce n’est pas bien fait je le dis pour que l’on s’améliore et ce n’est pas méchant.

Il faut aussi toujours garder l’équipe et ne laisser personne pour compte. Il faut prouver qu’il n’y a pas de maillons faibles afin que tout le monde puisse tenir la maison.

A part cela, personnellement je tiens à cœur tous ces rôles et je me dis qu’il y a quelqu’un qui m’a fait confiance en me confiant ces responsabilités et que Dieu m’a choisi pour servir, il faut le rendre grâce avec de bons résultats.

Justement, le mois de mars est consacré pour célébrer les femmes et vous êtes à la fois ministre et mère de famille.

Quels conseils prodiguez-vous aux guinéennes ?

  Je dis merci aux maris qui nous soutiennent. J’ai eu un bébé en étant ministre et moins de trois semaines après l’accouchement, j’ai repris service. Cela veut dire qu’il faut beaucoup d’énergie et de forces. Mais aussi aimer la chose, être patient et respecter les autres et leurs opinions. Il faut toujours se rappeler que le mari est le chef de famille et qu’il mérite respect au delà de la position de ministre. Savoir qu’une fois à la maison, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Je pense que le mari aussi comprend certaines choses. Par exemple, accepter que l’on ne puisse pas faire la cuisine du lundi au dimanche. Mais de pouvoir déléguer sans oublier que nous avons des périodes durant lesquelles nous même on le fait. Moi je me donne le devoir de continuer à le faire. Il y a aussi l’aide des plus proches. Pour mon cas, c’est ma mère qui m’a beaucoup épaulé au moment où j’était nourrisse. Et vous savez que j’ai repris le travail moins de trois semaines après l’accouchement. J’ai pu tenir grâce à un fort appui des gens autour de moi. Des sœurs, des mamans mais aussi d’une organisation personnelle. Mais, à part l’organisation personnelle, il faut se dire qu’il y a des gens autour qui ont compris l’enjeu et se sont dit ok on va l’accompagner à notre manière, donc c’est un travail d’équipe. Et il faut savoir accepter ce travail d’équipe en ce moment précis. Comme je le dis, concilié le rôle de responsable qui prend beaucoup de décisions ayant un impact sur des millions de guinéens et comprendre qu’on est une femme, une épouse dans une société africaine, il faut le gérer avec beaucoup d’intelligence pour faire ce pont entre les deux.

Interview réalisée par

Alhassane Barry

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