Les populations de la Sous-préfecture de Beidou dans la préfecture de Kissidougou ne savent plus à quel sain…. se vouer. A cause du fait que les difficultés sont nombreuses et variées.

La dégradation poussée des pistes rurales, le manque de ressources pour le conseil communal, l’insuffisance notoire de personnel dans tous les services, des infrastructures vétustes, des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, le chômage des jeunes mais aussi et surtout l’insécurité devenue un fléau dans la zone.

Tenez-vous bien, pour les 16 698 habitants répartis dans 13 districts, il n’y qu’un seul agent de sécurité, un commissaire de police.

Le Sous-préfet de Beidou, Adjudant-chef Demba Keita a pris fonction depuis 7 mois. Il fait un constat peu reluisant : « Le manque de personnel pratiquement dans tous les services. Il y a des stagiaires qui représentent certains services particulièrement au niveau de la sécurité. Au niveau de la police par exemple, nous n’avons qu’un seul titulaire qui n’a ni adjoint ni agent à côté de lui alors qu’il a le grade commandant. Nous avons aussi un gendarme qui est stagiaire pour assurer la sécurité des biens et des personnes dans les 13 districts et 73 secteurs de notre localité. Alors que certains districts comme Leila sont à près de 50 km du chef-lieu de la S/P ».

Parlant des moyens, M. Keita déplore le fait que seul le Sous-préfet a une moto de service qu’il met souvent à la disposition de la police pour des besoins de service. « Mieux, précise –t-il, pour des cas d’extrêmes urgence, j’ôte mon manteau d’administrateur et arbore celui d’agent de sécurité pour sortir sur le terrain avec les agents et les bénévoles pour rétablir l’ordre ».

Selon le numéro un de la Sous-préfecture, depuis son arrivée, il n’y a pas eu de crime de sang mais les cas de vol sont récurrents dans la cité.

Il lance un appel aux autorités : « Aux autorités, je demande de nous aider afin de mettre à disposition le personnel qualifié. Le nombre est important mais aussi la qualification si on a un personnel professionnel ils peuvent agir sans bavure ».

De son côté, le maire de cette commune rurale, Tamba Kittan Léno, se réjouit de la construction ou de la rénovation de certaines infrastructures notamment avec l’ANAFIC. Il s’agit notamment du bloc administratif, du foyer des jeunes, du centre de santé, de l’école primaire de Massadou et du poste de santé de komarou, un district se trouvant à 11 km du chef-lieu de la Sous-préfecture.

Ce fonctionnaire à la retraite dit être confronté à de nombreuses difficultés. « A cause du manque de moyen, nous n’avons aucun garde communal et nous assistons presque impuissant à la montée du banditisme. Mais l’enclavement de la plupart des districts de Beidou surtout en saison pluvieuse est un problème majeur pour les populations. Nous avons un pont d’environ 10 mètres à réaliser sur la rivière Kokou et six autres petits ponts dans le district de Koldou situé à 33 km du centre. La réalisation de ce pont permettra de relier le district de Koldou à celui de Kaouro. Pour le moment nos démarches n’ont pas abouti notamment avec l’ANAFIC et nous espérons toujours puisque cet ouvrage est extrêmement important » a soutenu cet élu local.

Il poursuit en disant que : « Beidou n’a pas de marché hebdomadaire. C’est pourquoi nous avons proposé trois sites pour trois marchés : Beidou centre, Fermessadou où il y a un petit marché et Koudoumankassa. Nous allons soumettre ces idées aux autorités mais aussi à nos partenaires notamment Plan international Guinée pour nous aider à construire ces marchés ».

Tamba Kittan Léno exprime sa désolation du fait que les 4 antennes téléphoniques (Feidou, Koudoupondo, Brouadou et Kounandou-kobengou) implantées dans sa juridiction ne rapportent aucun franc à la mairie en termes de taxe.

Le maire sollicite l’appui de l’Etat, des partenaires et les bonnes volontés afin de réaliser les trois marchés pour le bonheur des citoyens de Beidou.

Alhassane Barry

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