Ce vendredi, 22 décembre 2023, devant les conseillers nationaux du CNT, le ministre du Budget, Dr Lanciné Condé, a tout d’abord signifié que le Projet de Loi de Finances 2024 (PLFI) s’inscrit dans un contexte international marqué par la hausse des prix des céréales et des intrants agricoles en raison de la recrudescence des zones de tensions et de conflits qui affectent les circuits de commercialisation, de la persistance de certains effets négatifs de la pandémie de la Covid-19 et des phénomènes climatiques extrêmes.

Ce Projet de Loi selon le ministre, qui a été validé en Conseil des ministres, résulte d’un processus participatif, avec à la clé, la contribution notable du Conseil National de la Transition depuis le Débat d’Orientation Budgétaire en août 2023.

« Ce projet vise à accélérer les objectifs économiques et financiers fixés dans le Programme de Référence Intérimaire, notamment par le biais de réformes structurelles et du soutien à l’activité économique. Ces difficultés sont associées à d’autres contraintes liées à la mobilisation des appuis budgétaires auxquels nous faisons face au niveau régional, les défis sécuritaires liés à l’extrémisme violent, à la piraterie maritime, aux violences intra-communautaires et aux tensions transfrontalières demeurent une préoccupation majeure. La libre circulation des biens et des services qui caractérisait notre espace économique régional restreint, alors que les efforts nécessaires de normalisation ne sont pas perceptibles », a fait savoir le ministre.

Poursuivant, Dr Lanciné a souligné que malgré ce contexte difficile, l’économie guinéenne demeure relativement en dehors des répercussions négatives qu’elle pourrait connaitre en raison de la destruction des stocks de carburant survenue au dépôt. C’est pourquoi dit-il, que les efforts du Gouvernement continueront à prioriser la poursuite de la refondation de l’Etat, la mise en œuvre du chronogramme de la transition, le soutien à la campagne agricole l’amélioration des infrastructures notamment routières et le raffermissement de la gestion de nos finances publiques.

Au titre des recettes, Dr Lanciné a parlé d’une prévision de 30 388,58 Mds, répartie principalement entre les recettes fiscales, les dons et autres natures de recettes. Quant aux dépenses, elles sont estimées selon lui à 38 030.22 Mds, avec pour priorité la qualité des services publics.

Dans la faisabilité des choses, le ministre a attaché du prix, l’importance à accorder à certains secteurs comme la santé, l’éducation, la défense, la sécurité, les infrastructures et le développement rural, pour chaque secteur bénéficie une part spécifique du budget.

« Le solde budgétaire global résultant de la contraction des recettes et des dépenses s’établit à -7 641,63 Mds. Soit un déficit de 3,76% du PIB. Contre 3.86% en LFR 2023. Ainsi, pour la couverture de ce déficit et le maintien de l’équilibre budgétaire et financier, il est prévu de lever des ressources de financement à hauteur de 21 375.44 Mds dont 14 792,43 Mds sur le marché financier intérieur et 6 583,01 Mds d’emprunts extérieurs. Au même moment, il est prévu un remboursement des charges de financement à hauteur de 13 733,81 Mds. Soit une baisse de 30.39% par rapport à LFR 2023 », a-t-il mentionné, identifiant plus loin quelques défis potentiels, susceptibles d’entraver la réalisation de ce projet, notamment l’étroitesse du marché financier domestique, les retards dans la mise en vigueur des conventions de financement, les tensions socio-politiques et les crises mondiales actuelles.

Pour remédier à tout ceci dit le ministre, le Gouvernement guinéen prévoit une série de réformes, notamment la digitalisation des procédures fiscales, l’élargissement de l’assiette fiscale, et l’adaptation de la législation fiscale pour mieux appréhender les transactions électroniques et financières.

Sâa Robert Koundouno

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici