Le Général à la retraite Ibrahima Baldé, ancien Haut-Commandant de la gendarmerie et Directeur de la justice militaire a comparu ce mercredi 6 décembre 2023 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry, pour son témoignage dans le dossier des massacres 28 septembre2009.

À l’entame de sa déposition, le Général à la retraite a tout d’abord décrit l’état dans lequel il a trouvé la Gendarmerie Nationale à sa nomination.  Avant de Parler de la journée  du 27 septembre c’est-à-dire  la veille de la manifestation, l’ancien patron de la gendarmerie dira : «  le 27 j’ai reçu un appel du chef d’état-major général de l’armée en personne en me disant, est-ce que vous êtes au courant qu’on a une réunion ? Donc on se retrouve au camp Alpha Yaya pour la réunion.  Nous avons fait un partage d’information et moi-même j’ai pris la parole pour dire devant nos collègues, que cette situation va intéresser tout le monde, parce que les gens vont sortir. Dans cette réunion, une décision a été finalement prise par le chef d’état-major. il a dit à tous les militaires de rentrer dans les casernes, sauf la police et la gendarmerie.
J’ai quitté avec ces instructions » a fait savoir l’ancien  chef d’état-major général de la gendarmerie

En ce qui concerne le jour de la manifestation, le 28 septembre2009, général Baldé dira : « Dès 5h, moi-même je suis allé vérifier les dispositifs mis en place dans les communes. Au niveau de l’escadron de hamdalaye, j’ai trouvé un déferlement de l’axe. L’endroit était inondé de monde sur le coup, j’ai changé d’avis parce que j’avais peur de la protection des éléments. J’ai demandé aux agents de rentrer dans la cour et ceux-ci ont fermé la cour devant moi. Donc arrivé devant le stade, le dispositif qui était là était dipercé. Quand suis arrivé, j’ai demandé ils m’ont dit que le chef des opérations a demandé à ce que tout le monde replie au niveau de Donka. Et j’ai demandé comment ça s’est passé ? Ils m’ont dit qu’ils ont fait des chasses pour un premier temps pour disperser mais au fur et à mesure qu’ont les chassait, la foule devenait importante. Après j’ai quitté les lieux. »

S’agissant de comment il a été informé de l’arrivée des leaders politiques et le rôle qu’il a joué pour qu’ils bénéficient des premiers soins.

« Il y a l’officier des opérations qui est monté pour me dire monsieur le chef d’État-major venez vite. On a envoyé des gens qui sont blessés. J’ai dit c’est qui ? Il a dit j’ai reconnu Jean Marie Doré. Je lui aie dit s’il est seul. Il dit que non. Qu’il y en a d’autres. Je viens les trouver, Sidya, Jean Marie, Mouctar Diallo et Lounceny Fall. Jean Marie que je connaissais un peu en tant que doyen a dit Sidya mon frère tu peux rire maintenant, on n’est sauvé. J’ai dit mais vous venez d’où ? Il me dit qu’ils étaient au stade (…) on avait une infirmerie vers le PM2, on les a envoyés pour les soigner. En fin de soins, le médecin a dit à l’officier que j’avais désigné que si on ne les enlève pas ici, ce n’est pas bon. J’avais reçu des informations qu’il y a des groupes qui arrivent pour les enlever de la gendarmerie et que même moi, il voulait m’agresser. Donc il fallait les transporter à la primature où ils sont restés jusqu’à tard », a-t-il dit en substance

Thierno Kalifatou Doumbouya 

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