Depuis quelques jours, la préfecture de Kankan vibre au rythme de la deuxième édition du Festival sur le Milo. Si ce festival consiste à discuter et de trouver des solutions pour la survie du fleuve Milo, il est aussi un lieu de rencontre des cultures et traditions. C’est le cas par exemple de la culture Dogons où les masques on un sens et une signification. Ils l’ont fait savoir ce mardi 15 novembre lors de la prestation. 

 A travers ce festival, nous avons  eu a échangé avec les représentants du peuple Dogon du Mali afin qu’ils nous parlent de leurs cultures notamment les masques et danses.

Très codifiées, les danses dogons expriment la formation du monde, l’organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. La plus spectaculaire s’exécute sur des échasses appelées « touterelles. »

Fabriqués en bois peints de couleurs vives et des cagoules-muselières d’étoffe ornée de cauris, les masques sont de plusieurs ordres : satimbe, kanaga, le goitreux, pullo yana, sirigé., etc.

Selon les historiens, les masques dogons sont des œuvres artistiques à vocation religieuse. Ils sont au centre de la culture et des traditions du peuple Dogon, qui vit essentiellement au Mali, dans le Pays Dogon, situé sur la falaise de Bandiagara.

Sa signification demeure cependant obscure. Les porteurs de ce masque exécutent de la tête un mouvement circulaire puis se baissent vers le sol et se redressent brusquement dans le but d’établir un lien entre le sol et le ciel.

Interrogé après leur prestation, kass explique le sens des masques et des danses : « Nous sommes une population très pacifique mais en pays du dogons l’étranger est sacré. Vous avez vu la société des masques Dogons, vous avez vu les images de la femme avec les tresses et ça c’est la femme peulh. Et nous avons toujours cohabiter avec les peulhs de façon pacifique.

Les masques que vous avez vus on ne peut pas donner tous les détails. Mais les principaux sont surtout le masque canaga qui explique l’univers tout entier » témoigne Amadou Kassogué du dogons.

Il existe pour chaque masque dogon une chorégraphie traditionnelle en étroite corrélation avec ce qu’il symbolise. Voici quelques exemples de masques avec leurs significations.

Le masque Kanaga, l’un des principaux et des plus célèbres masques Dogon, danse le kanaga goo, ou la « danse du masque kanaga », considérée comme l’une des plus difficiles : elle est uniquement destinée à montrer la masculinité et les prouesses des interprètes. 

Pour Amadou Kassogué : « C’est ce masque qui a deux pattes ou branches qui sont soulevées en haut. Deux autres pattes qui sont en bas et puis une barre transversale et cela est emblématique. Le dogon a une représentativité de l’univers tout entier. Et tout ce que le dogon fait il y a des métaphores que ça soit dans les chansons, dans les rythmiques, dans les images, il y a toujours une métaphore pour expliquer un peu ce que ça représente. 

La barre qui descend c’est la fécondité de la terre et la barre transversale c’est tout ce qui se passe entre le ciel et la terre tout à été représenté par ce masque canaga (le feu, le vent, l’eau).

Avant de poursuivre :  » Et quand ils dansent vous avez vu que le rythme de ces tams tam donne un mouvement sinusoïdal.

 Ce mouvement symbolise un serpent qui se mord la queue. Le serpent qui se mort la queue est tout un cercle. Ça explique la redondité de la terre. »

Le masque Sirigé, ou masque à étage est le masque le plus long utilisé lors des cérémonies, pouvant atteindre 4 mètres de haut ou plus. Le danseur fixe la partie basse du masque sur son visage et doit toucher le sol avec la pointe du masque.

‘’le masque à étage, ce masque explique un acte très intéressant dans le pays dogon. Le dogon en fait ne mourait pas. A force de vieillir il se metarmorphosait. Et la métamorphose en serpent à été un moment surpris par un humain. Cela ne devrait pas. Et quand ça été surpris par l’humain, l’action de métamorphose a été prostituée . Et notre ancêtre qui se métamorphosait à été surpris et c’est pourquoi il est devenu ni humain, ni serpent et on l’a appelé le laibé. Ce masque à étage explique la métamorphose de notre ancêtre, c’est-à-dire le lébai. »

Le masque Pullo Yana ou femme peul avec sa fausse poitrine et ses cauris se laisse fréquemment tomber à terre et demande de l’aide pour se relever, faisant mine d’être malade ou fatigué dechenant l’hilarité des spectateurs.

Pour ce connaisseur de la culture Dogons « Les masques avec des femmes sont des sankouden . Il n’est rien d’autre que la femme. En faite le masque dogon a été découvert par une femme qui a vu les esprits en train de danser. C’est pourquoi c’est à l’hommage de cette femme que ces masques ont été taillés. C’est la sœur des masques. 

Le mouvement sinusoïdal qui se faisait ici explique la façon dont le serpent de notre ancêtre qui était en train de se métamorphoser.

Vous avez vu que tous les masques avant de commencer la danse venait se prosterner à côté de cette femme qui n’est pas comme les autres femmes. Elle représente le masque que je viens d’expliquer et elle est initiée au même titre que les danseurs de masques. C’est elle qui fait ça. Elle a une calebasse nourricière de la société des masques. Elle est la mère de la société des masques ».

A en croire M. Kassogué les dogons croient aussi aux images du ciel, aux héros du ciel.. 

« les deux pattes qui sont en bas c’est tout ce qui se trouvent sous la terre. Nous nous magnifions toute cette population du monde visible et invisible et c’est pourquoi nous avons essayé ces masques. Ce masque représente le ciel, l’importance du ciel, l’incarnation de la terre et tout ce qui se passe entre la terre et le ciel. »

Pour Hogon Binogo Ouologuem, Chef de la délégation des Dogon, la société Awa (société des masques) dirige les danses masquées organisées lors des différentes cérémonies. La société comprend tous les hommes. 

 » quant on dit hogon c’est l’autorité morale qui est veille sur la cité. Autour de lui il a des conseillers,  tout un arsenal d’autorités qui le conseil, discute et échange. Mais en ce  qui concerne les Dogons dès que hogon  tranche sur une affaire , ça veut dire que c’est fini. Mais bien avant que le  ( chef) n’intervienne les patriarches échangent pour trouver solutions. Et quand vous venez voir le hogon ça veut dire vous avez la solution. Tout problème trouve sa solution au niveau du hogon.

Les règlements de conflits sont gérés à l’interne. Il y a ce qu’on appelle le Toguna au pays dongos, c’est là où les sages se retrouvent pour discuter de tous les problèmes avant que ça n’aille chez le hogon. Très généralement les problèmes se résout au niveau du toguna (case à palabres) laquelle les hommes du village, et plus particulièrement les anciens, se réunissent pour parler des affaires communes. »

Pour ce responsable Dogon, dans sa communauté chacun à son rôle. ‘’le forgerons à son rôle. C’est un conseiller du hugon. Le coordonnier aussi joue son rôle. Chez-nous ce sont les chasseurs qui procèdent à la prospection des terres cultivables . Et le Hugon est intronisé par le chasseur. Le chasseur est celui qui soigne, qui protège, celui qui défend. Très généralement le dogon c’est le paysans,  le cultivateur, c’est la terre. En ce qui concerne les dogons dans notre milieu l’élevage est très important, et l’élevage c’est le rôle des peulhs.

A rappeler que les Dogons sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures. Leur langue parlée est le dogon, qui regroupe plusieurs dialectes. Il existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société des masques.

Balla Yombouno et Lamine Sylla 

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