De nos jours, de nombreuses jeunes filles ne sont pas scolarisées par manque de volonté ou de moyens de leurs parents ou tuteurs. Elles décident donc de faire le petit commerce. Ce phénomène conduit plusieurs enfants dans les rues et dans les marchés en dépit des dangers qu’elles encourent. C’est le cas de Fatou. Couchée sur une natte et couverte d’un drap, Fatoumata Sylla est âgée de 14 ans.

Tous les jours, dès 6h, elle se lève contre son gré avant de partir à la pompe pour puiser au moins cinq (5) bidons d’eau potable. Tout ceci, avant de se rendre au marché.

A 7h, Fatou s’achemine vers  Madina pour faire sortir sa marchandise malgré sonjeune âge. Cette orpheline de mère et de père prend la charge de sa famille.

Pourtant, elle avait le désir d’aller à l’école. Mais, son rêve ne s’est pas réalisé.

« Je voulais vraiment aller à l’école mais aucun membre de ma famille n’a accepté de me scolariser.  Depuis que j’ai quitté le village à l’âge de 10 ans, je vends des sacs pour ma sœur au marché avaria. On utilise l’argent qu’on gagne pour subvenir à nos besoins familiaux. Chaque matin que Dieu fait, il faut que je vende. C’est devenu mon quotidien et mon destin. Des fois, je rencontre des personnes qui me dérobent l’argent que j’ai durement gagné. Des fois, je rencontre même des hommes qui me proposent de coucher avec eux pour qu’ils me donnent de l’argent. Mais je refuse toujours », raconte cette jeune fille les larmes aux yeux.

Fatou n’est pas la seule à se retrouver dans cette situation.  Mariam Kaba, la dizaine, est aussi vendeuse dans le même marché.

« Moi, je vends de l’eau glacée pour mon homonyme. Mais, des fois, je peux vendre jusqu’à 15 paquets d’eaux par jour. C’est mon destin vu que je n’ai pas eu la chance de rentrer à l’école. Je suis consciente des dangers que je cours avec cette activité. Mais, je n’ai pas le choix, ma famille compte sur moi pour la dépense », témoigne la petite Kaba.

Aujourd’hui, celles qui devraient aller à l’école et être protégées sont devenues par la force du destin des vendeuses au marché de Madina contre parfois leur gré.

 Adama Telly Bah

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